Il y a un bug dans vos blinis au tarama.

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un bug dans vos blinis au tarama sur acheterbio le guide du commerce bio et equitableOn se souvient de Peggy Sue, dans l’excellent film de Coppola « Peggy Sue s’est mariée ». À la faveur d’un étrange voyage dans le temps, elle revient dans le lycée de son adolescence, en 1960. Elle y retrouve ses copines de classe, l’insouciance de la jeunesse, ses parents, ses grands-parents, sa petite sœur Nancy (interprétée par Sofia Coppola). Dans une scène qui ne manque pas d’ironie, Peggy Sue conseille à Nancy de ne pas manger les friandises rouges, parce que c’est pas bon, ça donne le cancer. Cette scène résonne étrangement dans nos têtes, quand on se souvient que dans les années soixante-dix on a commencé à en savoir un peu plus sur les additifs et en particulier sur le colorant E123, colorant rouge au nom empoisonné, l’amarante. C’était la première fois que les autorités sanitaires déclaraient ouvertement une situation dangereuse pour le consommateur. Finalement E123 fut banni aux États-Unis en 1976. À la même époque on se souvient du scandale, en France, du talc Morhange qui avait tué trente-six nourrissons et intoxiqué une centaine d’autres. Plus près de nous, le long chemin de croix pour faire interdire le bisphénol A est encore dans les mémoires.

Hier soir donc, on est tombé par hasard sur un reportage à propos de l’alimentation, plus précisément du tarama, cette spécialité grecque à base d’oeufs de cabillaud qui se déguste sur des blinis. Le tarama (industriel) commercialisé en France a une jolie couleur rose, c’est comme ça que le consommateur le désire précise le journaliste. On apprend que la teinte rosée vient d’un colorant 100% naturel, codé E120 et que derrière E120 il y a… Un insecte, Dactylopius coccus, une variété de cochenille qui produit un acide carminique rouge vif qui la protège des prédateurs. En Amérique du sud, plusieurs pays ont développé le business de la cochenille qui pousse à l’état naturel sur les cactus, en plein air. Les précieuses petites bêtes sont compactées, broyées pour en extraire le colorant rouge, le carmin. Problème, pour obtenir un produit exploitable, on doit traiter la substance aux métaux lourds, chrome, acide sulfurique, amoniaque et autres joyeusetés. Au bout du compte, le colorant E120 se négocie à prix d’or pour colorer le tarama industriel mais aussi des cosmétiques. Et qui, d’après vous, est le premier importateur mondial de colorant E120 ? Cocorico, la France bien sûr. La prochaine fois qu’on sert un blini au tamara joliment rosé, vous saurez que vous savourez aussi un délicieux insecte venu de l’autre bout du monde. ET, surtout, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

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