Cantines bio, pourquoi le sénat s’y oppose.

Publié le

Ce matin j’écoutais avec attention, sur France Inter, Gérard Larcher, membre de notre estimé sénat français, s’exprimer sur une éventuelle interdiction des pesticides tueurs d’abeilles et sur les cantines bio pour les écoles françaises. Avec le talent d’orateur qu’on connaît au sénateur, Monsieur Larcher a botté en touche concernant le problème des pesticides, ce qui ne manque pas de piquant quand on sait que ce sénateur est vétérinaire dans la vie civile. En revanche, sa réponse sur les cantines bio m’a simplement sidéré. C’est non. C’est la décision unanime du Sénat et c’est son dernier mot Jean-Pierre, il est hors de question d’introduire 20% d’alimentation bio dans les cantines scolaires non mais sans blague, pour une raison toute simple, tenez-vous bien. La raison, c’est qu’en France on n’aurait pas la capacité de production pour fournir assez de bio pour tout le monde et qu’on serait donc contraints d’importer du bio et que, de facto, ça ne serait pas bon pour l’équilibre de la balance commerciale. Et là je dis, chapeau bas Monsieur Larcher !
cantines bio opposition du sénat

Cantines bio, du bonheur dans les assiettes.

Naturellement, on pourrait réfléchir de manière opposée et je suis convaincu que vous, lectrices et lecteurs de ce blog, vous serez en accord avec ce projet. Un projet qui consisterait à accepter 20% de bio (c’est un bon début, on passerait rapidement à 40%) pour nourrir nos chères têtes blondes (et brunes) avec une alimentation saine, quitte à encourager massivement la conversion de l’agriculture conventionnelle vers une agriculture biologique. Bien entendu, j’en conviens, il y aura sûrement quelques réticences, voire de la résistance de la part de quelques lobbies qui ne voient jamais d’un œil favorable l’abandon d’un business parfaitement juteux et rentable, de la vente de pesticides aux semences OGM, mais c’est pas grave, on ferait sans eux. Qui aujourd’hui peut contester la validité de l’agriculture bio et son impact positif sur la santé ? Si on n’est pas capable, dans ce beau pays de France, de produire suffisamment de bio pour fournir 20% des besoins pour les cantines bio (un fait largement contesté par la fédération de l’agriculture bio qui sait de quoi elle parle), c’est qu’il y a vraiment urgence à développer le secteur de l’agriculture bio dans ce pays. D’autant que, toutes les statistiques le démontrent, les agriculteurs ayant réalisé la conversion de leurs terres en bio vivent mieux et ne souffrent pas de la crise. D’ailleurs, je vous en parlais ici-même, il y a quelques jours.

Ne vous en déplaise, cher Monsieur Larcher et estimé sénateur, le mouvement de l’agriculture bio est en marche et rien ne l’arrêtera, car désormais la prise de conscience est globale et les gens ont accès à l’information (la preuve, ils sont de plus en plus nombreux à lire le blog Acheter Bio !). Et puis les villes s’y mettent, de plus en plus nombreuses, à l’image de la ville de Brest qui a confirmé son engagement, signant la charte régionale « Il fait bio dans mon assiette ». À Brest, au début du monde, il y aura des cantines bio, la ville du Ponant va privilégier les circuits courts, travailler avec des producteurs locaux. Ce n’est pas un effet de mode et ça ne concerne pas que les cantines bio mais aussi plus massivement la restauration collective et d’entreprise. Manger bio, c’est manger sain. Tiens au fait, Monsieur Larcher ? Il y a du bio à la cantine du sénat ? Vous devriez y songer.

• illustration : une cantine dans une école allemande en 1968 (source Wikipédia)

voir la pétition pour sauver le bio dans les cantines

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *