Manger de la viande, j’en ai ras la couenne !

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Pardon. D’avance pardon, pour ce titre volontairement provocateur, mais là, il me semble que j’ai atteint le point limite zéro. Manger de la viande, en soi, n’est pas un acte d’une gravité extrême. J’ai toujours mangé de la viande, depuis que je suis tout petit, comme nombre d’entre nous. D’ailleurs, manger de la viande, c’était bon pour ma santé, c’était plein de bonnes choses. À la maison, ma mère nous a régalé pendant toute notre enfance de côtes de porc, de foie de veau et autres côtes de boeuf bien saignantes. Mais très rarement de cheval.

Ma mère ne fréquentait guère la boucherie chevaline, parce que je crois qu’elle était, au fond d’elle-même, choquée par le fait qu’on puisse se nourrir d’un animal aussi noble, le cheval. Choqué, je l’ai été, ces derniers jours. Par le scandale dévoilé par l’association L214. Choqué, outré, dégoutté. En visionnant les photos (j’ai refusé de regarder la vidéo) de l’abattage de vaches gestantes, j’ai simplement murmuré les mots de Francis Cabrel, quand il parlait de la corrida. Est-ce que ce monde est sérieux ?

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Manger de la viande ? Ou pas.

• Manger de la viande. Sérieusement ?

Non. Ce monde ne peut pas être sérieux, en acceptant ce genre d’ignominies. La négation de la vie, du respect que nous devons aux animaux. Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour refuser cet état de fait ? Je me suis posé la question. Mais d’abord, j’ai été choqué d’apprendre que l’abattage des vaches gestantes est, vous apprécierez les guillemets, « toléré » en France. Plus infectes encore sont les motivations économiques qui peuvent inciter un éleveur à envoyer une vache gestante à l’abattoir, son poids. La présence d’un foetus augmente le poids de la bête et de facto son prix. Est-ce que ce monde est sérieux ? Les images, délivrées par l’association L214, ont été tournées par le salarié d’un abattoir qui a témoigné à visage découvert. On ne se fait guère d’illusions quant à son avenir professionnel dans la filière de l’abattage. Mais désormais, grâce à lui, nous savons. Je sais.

• Abattoirs. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

Je ne pourrai pas dire que je ne savais pas. À mon niveau d’individu donc, je ne peux rien faire ou presque. Je ne peux pas faire fermer cet abattoir. Je ne peux pas changer la loi ou la réglementation qui autorise à abattre une vache qui attend un petit. Non, je ne peux rien de tout ça. Je peux juste me lever et déclarer que désormais, tout ce système, ça sera sans moi. Manger de la viande dans ces conditions ? Ça ne me semble pas raisonnable. Je refuse d’être complice d’un système dénué de toute humanité. Je repense à ma mère, qui refusait de manger de la viande de cheval et aujourd’hui je marche dans ses pas, en intégrant aussi la viande de bœuf et à terme tout type de viande. Car le sort des porcs, des poulets en batterie est aussi peu enviable.

• L’animal est vivant.

En conclusion, comment ne pas repenser à Gandhi, qui disait « On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux ». Les images dévoilées par L214 sont révélatrices d’un état d’esprit délétère, d’un définitif je m’en foutisme de l’humain vis à vis de la cause animal. L’animal est vivant, il est capable de souffrance, d’agonie autant que de joie et de bien-être. Si on n’est pas foutus, nous humains, de comprendre un concept aussi basique, c’est à désespérer. En attendant, moi, je refuse de cautionner ce système calamiteux. La viande, cette viande-là, ne passera plus jamais par mon assiette. Il y a des alternatives possibles. Devenir végétarien, franchir le pas, se dire qu’on n’est plus complice de ce sytème honteux, c’est déjà ça.

voir le site de l’association de protection animale L214

2 réflexions au sujet de « Manger de la viande, j’en ai ras la couenne ! »

  1. Bonjour,
    Je marche moi aussi dans ces pas. La volonté est là, il faut maintenant apprendre, se réorganiser et réussir à tenir bon. Pas facile de remettre en cause toute une éducation (moi aussi j’ai été élevée aux bonnes recettes de terroir dont la viande étaient finalement l’aliment « phare ») et pas facile non plus, d’affronter les incompréhensions et critiques de certains qui prennent ce changement pour une lubie. Je ne veux rien imposer autour de moi, c’est une décision personnelle, je souhaiterais juste qu’elle soit respectée et peut-être un jour comprise comme un engagement pour la cause animale…

  2. […] temps, nous vous parlions ici-même du ras le bol de plus en plus de consommateurs par rapport à la consommation de viande animale. Ça m’a rappelé une anecdote qui m’avait fait sourire à l’époque. Il y a une […]

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