Herbicide RoundUp. C’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

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Je parle un peu anglais, mais je ne suis pas fluent, comme on dit. Je ne saisis pas toutes les subtilités de la langue de Shakespeare, surtout celle qui fut exportée en d’autres temps outre-atlantique. Je ne me suis jamais posé la question de comprendre la signification du mot round up pour une raison assez simple. J’ai tellement associé ce nom à une marque d’herbicide hautement nocif pour l’environnement que sa simple évocation me fout des frissons. Alors c’est vrai, je le confesse, je n’ai jamais cherché à traduire l’expression round up en français dans le texte, jusqu’à hier matin. Au petit déjeuner, on parlait de cet herbicide, avec force exemple de consommateurs à l’appui, sur l’antenne de France Inter. Et là, on s’est regardés, interloqués avec la même question, au même moment. Au fait, ça veut dire quoi en français round up ?

dernier round pour le roundup herbicide

L’herbicide Roundup en sursis.

D’abord, avant de vous donner la réponse, petit constat. Tout le monde a évalué la dangerosité de cet herbicide pour l’environnement, tout le monde jusqu’au ministère de l’environnement. Ségolène Royale s’était engagée, le roundup serait viré manu-militari des rayons de nos jardineries et ça n’allait pas traîner. On avait même fixé une dead line. Il n’y aurait plus de RoundUp dans les rayons des jardineries françaises au 1er janvier 2016, promis juré. Oui, mais c’était sans compter sur nos parlementaires… Force est de constater qu’on est en mars, que le printemps a passé et qu’on trouve encore du round up dans les rayons de nombreuses jardineries. En atteste le responsable de rayon au micro de France Inter disant benoîtement « Tant qu’on en a, on en vend ! » Pour la conscience environnementale, il y a encore du boulot. Mieux encore, sur le site de la marque, il suffit de taper son code postal pour en trouver du round up et on en trouve partout. Alors elle vient quand cette foutue interdiction d’un herbicide impliquant un composé, le glyphosate, que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) a classé parmi les « cancérogènes probables ou possibles » ? C’est pour 2019 nous assure-t-on aujourd’hui. Enfin, ça c’est pour le RoundUp à usage familial. Pour ce qui est de sa version industrielle, celle utilisée massivement par les agriculteurs, il n’y a aucune date officielle. Alors l’interdiction du round up en jardinerie pour la clientèle des particuliers, comme aurait dit ma grand-mère, c’est une cautère sur une jambe de bois.

Et là vous me dites, mais finalement ça veut dire quoi round up ? Avant cela, je ne résiste pas à évoquer le témoignage de cette dame sur France Inter, utilisatrice du produit. En gros, le discours sur ce désherbant dont la toxicité environnementale n’est plus à prouver, est assez effarant. Oui, bien sûr, on sait que le produit est dangereux pour l’environnement, oui ça pourrit la terre, mais on en met peu vous savez et puis c’est tellement efficace pour détruire les mauvaises herbes qui fleurissent chaque année dans l’allée de gravier. On ne se pose pas de question, on ne cherche pas d’alternative, par exemple en utilisant un désherbant bio qui ne coûte pas plus cher et qui est largement aussi efficace, non. On se demande comment on faisait avant que RoundUp n’existe ? Rassembler. C’est la traduction de l’expression round up et ce n’est pas anodin. Le RoundUp n’est qu’un maillon de la chaîne produite par Monsanto, son fabriquant qui produit des graines qualifiées de roundup ready, en clair des semences qui sont étudiées pour être traitées et résister à ce désherbant. Le comble du cynisme, non ? Round up and destroy pourrait être le slogan de rassemblement du RoundUp, herbicide le plus vendu au monde depuis 1990. Mais la nature a un côté rebelle. Ironie du sort, depuis l’utilisation massive du Round Up on a constaté l’apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate. La seule solution passe par le respect de l’environnement et il serait temps de l’admettre. L’homme et ses recettes d’apprenti-sorcier ne font pas le poids devant mère nature…

voir la vidéo de France 2 sur le site de France TV Info

Roundup classé cancérogène. Et vous trouvez ça drôle ?

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roundup pesticide acheter bio

Roundup. Trêve de plaisanterie.

Chaque fois que j’entends le terme Roundup, je pense à feu ma mère. Je pourrais penser à Monsanto, aux dégâts potentiellement provoqués par cet insecticide ? Non. Moi, quand on me dit « Roundup » je pense à ma mère qui était, en son temps, une fervente utilisatrice de ce produit pour désherber son jardin. Il n’y avait pas mieux que Roundup, disait-elle, pour éradiquer la vermine (comprendre les mauvaises herbes disgracieuses qui polluaient ses parterres de rosiers) que ce produit magique. Un p’tit bouchon de Roundup, un p’tit coup de Monsieur Plus et hop ! Le lendemain, les mauvaises herbes avaient disparu, comme par enchantement. Roundup nocif ? Dangereux ? Pensez donc ! Ma mère me ramenait sans cesse à l’image de la pub TV, de ce chien si sympathique qui enterrait son os là où Roundup avait éradiqué les mauvaises herbes. Pauvre bête ! L’histoire ne dit pas de quoi il est mort… Cette blague faisait beaucoup rire ma mère. Trêve de plaisanterie. Dans une étude publiée par la très sérieuse agence de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), on apprend que trois pesticides viennent d’être classés dans la catégorie cancérogènes probables. Probables c’est juste avant la classification cancérogène certain. Parmi les trois molécules se trouve le glyphosate. Ce nom ne vous dit sans doute rien. C’est le principal ingrédient utilisé par Monsanto dans le Roundup. Et là, on ne rit plus.

Chez Monsanto, je vous le dis sans ironie aucune, ils sont très fûtés. Ils mettent au point un désherbant radicalement efficace, à base de glyphosate et dans le même temps ils créent des cultures transgéniques capables de résister à cette molécule. Vous allez me dire que c’est un peu casse-gueule de jouer à l’apprenti sorcier ? Rendez-vous compte. Vous allez pouvoir planter une céréale transgénique et traiter massivement vos terres avec du glyphosate. Résultat, tout est éradiqué, sauf vos céréales. C’est très fort. Bon bien sûr, il y a quelques bémols. D’abord, les céréales résistantes au glyphosate, vous ne pouvez les acheter que chez Monsanto. Ensuite, il peut y avoir quelques dégâts collatéraux. La majorité des plantes génétiquement modifiées (PGM) est conçue pour être tolérante à ce pesticide. Ceci explique peut-être que le glyphosate est le pesticide le plus utilisé en France (8000 tonnes en 2011).

Il paraît que le glyphosate est responsable en France du « déclassement de la qualité des eaux ». C’est l’ANSES (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui le dit dans un rapport daté de 2010. Les risques accrus de cancer concernent les professionnels de l’agriculture qui utilisent massivement le glyphosate ainsi que, dans une moindre mesure les jardiniers du dimanche qui utilisent les désherbants à base de glyphosate, comme le RoundUp. Voilà une info qui n’aurait pas fait rire ma mère. En attendant, il existe aujourd’hui de très nombreuses alternatives bio pour les jardiniers en matière de traitement, alors pourquoi s’en priver ? Chez nous, dans notre jardin bio, nous avons banni depuis des lustres l’utilisation de produits polluants. Notre chien peut y enterrer ses os en toute sécurité, sans crainte de mourir d’un cancer.