Pollution atmosphérique. Bientôt le point limite zéro ?

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1975. Il y a quarante deux ans. Dans son album BBH75, Jacques Higelin signe un titre, au texte évocateur d’un futur déglingué. Paris-New York. À coups de métaphores hétéroclites, l’artiste français crache son désespoir avec humour et cynisme. Il conclut la chanson par ces mots, prémonitoires. « Paris-New York. New York-Paris. Dans dix ans comme là-bas ici. Asphyxie. » Higelin avait vu juste, il s’était peut être simplement trompé de timing, mais aujourd’hui le futur lui donne raison. Paris étouffe sous les coups de la pollution atmosphérique et pas seulement Paris. D’autres métropoles françaises (Lyon, Grenoble) sont directement impactées. En Chine, Pékin atteint le point limite zéro. Qu’est-ce qu’on attend ?

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Pollution atmosphérique. Point limite zéro.

• Londres, le smog de 1952.

On attend peut-être une catastrophe humanitaire comme le Royaume Uni en a connu avec le grand smog de Londres en 1952. Cette pollution atmosphérique de très grande ampleur était liée à la vague de grand froid qui s’était abattue sur l’Angleterre, provoquant une sur-consommation de charbon. Un charbon de mauvaise qualité, à forte teneur en dioxyde de soufre, dans une fumée présente en masse dans l’air. En 1952, le gouvernement de sa majesté avait relayé le chiffre déjà épouvantable de 4000 morts. On sait aujourd’hui que le nombre de victimes avoisine plutôt les 12000 morts et plus 100000 personnes directement impactées par cette pollution. À la suite de cet accident majeur, les autorités britanniques promulguèrent des lois visant à réduire la pollution atmosphérique, notamment sur la ville de Londres. Plus de soixante ans plus tard, la problématique demeure la même. Les métropoles étouffent et leurs habitants avec.

• Vignette de circulation

Anne Hidalgo, maire de la ville de Paris, rue dans les brancards et impose manu militari, de manière autoritaire, un certain nombre de mesures. Circulation alternée, fermeture des voies sur berges, des mesures considérées par certains parisiens comme liberticides mais il y a urgence. Depuis des années Paris s’essouffle et avec elle ses millions d’habitants. Une des causes, c’est naturellement la circulation automobile, entre autres. Pour tenter de réduire cette pollution, la vignette Crit’air sera obligatoire pour circuler dans Paris (du lundi au vendredi de 8h à 20h) à partir du 16 janvier 2017. Sachant que les véhicules immatriculés avant 1997 sont désormais interdits de circulation en semaine à Paris. Tous les véhicules à moteur sont concernés, la vignette est payante (4,50€) et disponible sur le service officiel. La pastille de couleur détermine le niveau de pollution de votre véhicule. En cas de mesures de circulation adaptée, certains véhicules seront interdits de circulation, selon leur niveau de pollution.

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Les vignettes de circulation Crit’Air obligatoires à partir du 16 janvier 2017 pour les véhicules circulant à Paris.

• Polluez moins, circulez mieux.

On ne peut que saluer ces mesures visant à réduire la pollution atmosphérique. Chaque année, elle fait de nombreuses victimes, de manière très insidieuse. Elle touche en priorité les personnes fragiles, les seniors et les enfants en bas âge. Peut être faudrait-il prendre le problème à la source ? Nombre d’entreprises industrielles sont à l’origine de cette pollution, sur Paris et sa région. Il faudrait aussi songer à changer les mentalités, à encourager vraiment l’utilisation des transports en commun et à aménager la ville pour favoriser le développement de transports alternatifs propres. Plus de pistes cyclables et une sécurité accrue pour la circulation en vélo afin de réduire les accidents des deux roues. Désormais, il y a urgence.

Réduire la facture d’électricité en faisant du vélo, c’est possible !

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Comme de très nombreux français, j’ai un problème de surpoids. Il y a quelques années, il a fallu que je me rende à l’évidence. Le poids que ma balance affichait indiquait que mon IMC (indice de masse corporelle) dépassait le seuil du surpoids pour flirter dangereusement avec l’obésité. Même modérée, quand on vous annonce que vous êtes classé dans les personnes obèses, ça fait un choc. Seul parade, le sport. Le sport et le rééquilibrage alimentaire, pour reprendre les termes de mon toubib. Manger moins, manger bio, se dépenser plus. C’est ce que j’ai fait. J’ai investi dans un vélo d’appartement et j’ai commencé à pédaler. Cardio training, 45 minutes par jour. J’ai perdu 15 kilos. En lisant un article consacré à Manoj Bhargava, j’ignorais que j’aurais pu aussi faire pendant tout ce temps de substantielles économies sur ma facture d’électricité, tout en perdant du poids…
reduire sa facture d'electricite en pedalant

Du sport pour diminuer sa facture d’électricité

Pédaler pour produire de l’électricité

Manoj Bhargava est un citoyen américain d’origine indienne. C’est un milliardaire qui a fait fortune dans les boissons énergisantes, son pactole est estimé à 4 milliards de dollars. Assez de billets verts pour prendre le temps de réfléchir sereinement, donc. Comme toutes les bonnes idées, l’idée de Manoj est toute simple. Pédaler, ça produit du courant électrique. Récupérer cette énergie n’est pas très compliqué en soi, la stocker et la redistribuer à la demande non plus d’ailleurs. Ainsi est né « Free electric » un vélo qui permet de récupérer et de stocker le courant électrique produit par le pédalage. Ça vous fait sourire ? J’avoue que moi aussi j’ai souri, mais…

Une heure de vélo, 24 heures d’électricité

Une heure de pédalage sur le vélo « free electric » permettrait, selon son inventeur, de générer 24 heures d’électricité pour alimenter toute une maison. Oui, vous avez bien lu. Une autonomie de 24 heures pour une maison entière. Et donc une réduction de la facture d’électricité ! Alors évidemment, pour nous, occidentaux, qui n’avons qu’à appuyer sur un bouton pour allumer une ampoule, l’idée peut sembler saugrenue. Mais il y a sur terre trois milliards de gens qui n’ont pas l’électricité ! Le concept développé par Manoj est donc plein de promesse d’avenir.

Produire de l’électricité, partout

D’un côté on réduit la facture d’électricité. De l’autre on apporte de l’électricité dans des régions où elle manque cruellement. Et comme le souligne Manoj Bhargava, l’électricité est un facteur de développement économique d’envergure. Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage de cette solution, l’impact environnemental est nul. Créer sa propre énergie. Et si c’était ça, l’avenir ?

voir le site Billions in change

Aéroport Notre Dame des Landes, le Larzac du 21è siècle ?

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Notre Dame des Landes. Ça sonne tellement bien, ça inspire la ruralité, la France fière et profonde, le monde paysan dans ce qu’il a de plus respectable. Seulement voilà, ce lieu c’est aussi l’endroit exact sur lequel les promoteurs du nouvel aéroport de Nantes ont jeté leur dévolu. Un dossier qui ne date pas d’hier, que celui de Notre Dame des Landes, pensez donc ! On a commencé à imaginer le remplacement de l’aéroport de Nantes Loire Atlantique par un aéroport plus grand dès le début des années soixante, en 1963. Moins de dix ans plus tard, en 1972, les premiers opposants ont commencé à s’organiser. Le projet a été baladé tant et si bien que près de quarante ans plus tard, en 2010, on continuait d’en parler comme d’un projet.
aéroport notre dame des landes

Aéroport Notre Dame des Landes, non merci.

Un projet pharaonique, estimé à environ 550 millions d’euro en 2010, une somme très largement sous-évaluée estiment les opposants au projet. En un demi-siècle, beaucoup de choses ont changé, les besoins exprimés au début du projet, à l’époque des trente glorieuses, n’ont plus aucun rapport avec les besoins d’aujourd’hui. Sans compter que cet aéroport avec sa surface de 1650 hectares, ses infrastructures annexes qui multiplient cette surface, vont indubitablement provoquer quelques désastres écologiques d’envergure, sans même évoquer les déplacements de population. Le truc, c’est que lorsque ce projet fut initié, au début des années soixante, les concepts d’écologie et de protection de l’environnement étaient une préoccupation mineure. Aujourd’hui, la perspective de destruction massive de zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique ne peut pas, ne doit pas être ignorée.

Il y a fort à parier que l’aéroport Notre Dame des Landes ne verra probablement jamais le jour. D’abord parce qu’il y a une réelle opposition populaire grandissante vis à vis de ce projet, comme cela fut le cas dans les années soixante-dix contre l’établissement d’un camp militaire sur le plateau du Larzac ou de la centrale nucléaire de Plogoff en Bretagne. Ensuite parce que cet aéroport provoquerait, à n’en pas douter, une nuisance profonde et durable sur l’écosystème de la région (proximité du lac de Grand-Lieu , réseau Natura 2000), sans compter les populations exposées au bruit et aux nuisances. Ce projet pose plus de questions qu’il n’apporte de solutions, d’autant qu’un aéroport existe déjà, qu’il est fonctionnel et pourrait tout à fait être réaménagé.

Ce projet ne se fera sans doute pas parce qu’il cristallise à lui seul autour de son nom tout ce les gens refusent aujourd’hui, la négation de la protection de l’environnement, de la nature et de l’humain. Quant aux politiques, on les sent de plus en plus en retrait. Ségolène Royal a récemment déclaré qu’il était hors de question que Notre Dame des Landes tourne à l’affrontement et à la guerre civile. Très récemment, on a appris que Nicolas Hulot s’est vu proposer le poste de ministre de l’écologie, dans le cadre du remaniement ministériel à venir, offre qu’il a déclinée. Parmi les gages donnés par François Hollande, l’arrêt du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Un signe qui ne trompe pas. Avec la perspective d’élection présidentielle l’année prochaine, le dossier aéroport NDDL pourrait bien être enterré, quarante-cinq ans après les premières contestations.

Nicolas Hulot refuse d’entrer au gouvernement, lire l’article sur le site du Monde

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Commerce bio. Dix ans après, que reste-t-il de nos amours ?

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Dix ans après la création du guide Acheter Bio – oui, c’était en 2006, comme le temps passe ! – on est en droit de se demander si le commerce bio est enfin devenu la réalité dont nous avions rêvé. Ou pas. La démarche du commerce bio a-t-elle fini par s’imposer, rien n’est moins sûr, même si la conscience environnementale a sensiblement évolué. Alors ? Que reste-t-il de nos amours bio et écologiques, dix ans après ? Le constat n’est pas aussi joyeux qu’on pourrait l’imaginer.
évolution du commerce bio acheter bio

Commerce bio. Dix ans après.

Acheter bio. Pour nous, il y a dix ans, c’était un mot d’ordre, une préférence marquée pour le commerce bio en général et le commerce bio en ligne en particulier. À l’époque, il fallait vraiment chercher, fouiner sur la toile, passer des heures à scruter l’internet pour découvrir quelques perles rares. Ils n’étaient pas légion les commerçants prêts à y croire, à s’investir et à ne vendre que des produits sains, naturels, écolo, estampillés bio. Rares étaient les produits qui pouvaient afficher le label AB ou Nature et Progrès, Demeter, Ecocert ou Fairtrade. On se souvient d’avoir découvert avec émerveillement la boutique Le monde du bio qui était à l’époque une référence définitive dans le monde du commerce bio. Dix ans plus tard Monde bio est toujours là, fidèle à sa réputation, une boutique de référence. En revanche, beaucoup de boutiques en ligne du secteur du commerce bio ont disparu corps et âme !

À partir de 2008, lorsque le commerce bio s’est énormément développé, il fallait vraiment être attentif et faire le tri. Il fut une époque où nous recevions une dizaine de demandes de référencement de nouvelles boutiques prétendues bio par jour pour le guide Acheter Bio et franchement il y avait de tout et n’importe quoi, et entre nous surtout du n’importe quoi ! Le commerce bio c’était le secteur en vogue, il était donc naturel qu’il allait attirer quelques rapaces, avides de profits. On était bien loin des valeurs fondatrices du commerce bio. En refusant de référencer certaines boutiques bio on s’est pris quelques volées de bois vert, pas toujours garanties bio. On se souvient d’une bataille rangée avec une boutique qui proposait des savons à la lavande de Provence joliment mauves, estampillés garantie d’origine naturelle. Quand on a vu les premiers produits bio débouler de Chine, on a su qu’on avait franchi un cap. Il y a dix ans, il fallait chercher pour trouver une boutique bio de qualité, dix ans plus tard les choses n’ont guère évolué.

Alors ? Que reste-t-il de nos amours bio ? Quelques convictions, une attention particulière à ce que nous consommons, au quotidien et paradoxalement une grande défiance par rapport au secteur du commerce bio. La tendance n’est plus vraiment au référencement de boutiques en ligne sur le guide Acheter Bio mais plutôt à la préservation de l’acquis, avec une poignée de boutiques en qui nous avons vraiment confiance. C’est le meilleur conseil que nous puissions vous donner en ce début d’année. Soyez vigilant, n’achetez pas n’importe quoi, n’importe où et avec n’importe qui, au seul prétexte d’acheter bio.

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Neil Young sonne la charge contre Monsanto

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Neil Young en premiere ligne dans la lutte contre Monsanto

Monsanto dans le collimateur des opposants aux OGM

On connaît l’engagement de Neil Young dans la cause humanitaire et écologique, depuis de nombreuses années. Le cultissime chanteur canadien, qui a formé avec ses potes David Crosby, Stephen Stills et Graham Nash le quatuor le plus fameux de la folk et pop song américaine, revient à la charge au mois de juin prochain avec un nouvel album au titre sans équivoque, The Monsanto Years. Quand on connaît la qualité d’écriture du songwriter, il nous tarde déjà de découvrir les pépites contenues dans ce nouvel opus. Pour Monsanto, en revanche, les affaires ne s’arrangent pas. Après le dossier Round up, qui a défrayé la chronique et fait les gros titres de la presse, la firme, en première ligne de l’industrie des OGM se retrouve à nouveau dans le collimateur des médias.

Neil Young n’en n’est pas à son premier coup d’essai. On se souvient que l’an passé déjà, l’auteur compositeur avait invité ses fans à boycotter la chaîne de cafés Starbucks, à cause notamment du soutien apporté par cette chaîne à Monsanto, les deux sociétés faisant partie du même organisme de loby industriel (Grocery Manufacturers Association). Neil Young s’était dit scandalisé par la pression imposée par les lobys pour s’opposer, par voie judiciaire, aux décisions des états comme le Vermont ou la Californie souhaitant notamment imposer l’étiquetage de produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Dans le Vermont, un état agricole, Neil Young sait qu’il peut compter sur le soutien de la population rurale, lui qui fut en d’autres temps un soutien actif aux fermiers américains, en participant activement au premier Farm Aid en 1985. La stratégie de Neil Young est habile. En touchant Starbucks, qui a une image publique et une clientèle jeune, il espère pouvoir faire plier Monsanto.

Faire plier Monsanto ? L’affaire est loin d’être gagnée, tant on connaît l’infinie puissance de ce groupe industriel aux États Unis et dans le monde entier. Et pourtant, depuis quelques années le groupe doit subir les attaques virulentes qui viennent de toutes parts. De la base d’abord, des gens comme vous et moi qui refusent l’intox aux OGM, mais aussi de plus en plus d’états et de gouvernements. On n’a pas fini de parler de Monsanto

• photo : Neil Young au festival des Vieilles Charrues en juillet 2013 (crédit photo : Hervé LE GALL)

en lire plus sur le sujet avec l’article du Figaro