Aéroport Notre Dame des Landes, le Larzac du 21è siècle ?

Publié le

Notre Dame des Landes. Ça sonne tellement bien, ça inspire la ruralité, la France fière et profonde, le monde paysan dans ce qu’il a de plus respectable. Seulement voilà, ce lieu c’est aussi l’endroit exact sur lequel les promoteurs du nouvel aéroport de Nantes ont jeté leur dévolu. Un dossier qui ne date pas d’hier, que celui de Notre Dame des Landes, pensez donc ! On a commencé à imaginer le remplacement de l’aéroport de Nantes Loire Atlantique par un aéroport plus grand dès le début des années soixante, en 1963. Moins de dix ans plus tard, en 1972, les premiers opposants ont commencé à s’organiser. Le projet a été baladé tant et si bien que près de quarante ans plus tard, en 2010, on continuait d’en parler comme d’un projet.
aéroport notre dame des landes

Aéroport Notre Dame des Landes, non merci.

Un projet pharaonique, estimé à environ 550 millions d’euro en 2010, une somme très largement sous-évaluée estiment les opposants au projet. En un demi-siècle, beaucoup de choses ont changé, les besoins exprimés au début du projet, à l’époque des trente glorieuses, n’ont plus aucun rapport avec les besoins d’aujourd’hui. Sans compter que cet aéroport avec sa surface de 1650 hectares, ses infrastructures annexes qui multiplient cette surface, vont indubitablement provoquer quelques désastres écologiques d’envergure, sans même évoquer les déplacements de population. Le truc, c’est que lorsque ce projet fut initié, au début des années soixante, les concepts d’écologie et de protection de l’environnement étaient une préoccupation mineure. Aujourd’hui, la perspective de destruction massive de zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique ne peut pas, ne doit pas être ignorée.

Il y a fort à parier que l’aéroport Notre Dame des Landes ne verra probablement jamais le jour. D’abord parce qu’il y a une réelle opposition populaire grandissante vis à vis de ce projet, comme cela fut le cas dans les années soixante-dix contre l’établissement d’un camp militaire sur le plateau du Larzac ou de la centrale nucléaire de Plogoff en Bretagne. Ensuite parce que cet aéroport provoquerait, à n’en pas douter, une nuisance profonde et durable sur l’écosystème de la région (proximité du lac de Grand-Lieu , réseau Natura 2000), sans compter les populations exposées au bruit et aux nuisances. Ce projet pose plus de questions qu’il n’apporte de solutions, d’autant qu’un aéroport existe déjà, qu’il est fonctionnel et pourrait tout à fait être réaménagé.

Ce projet ne se fera sans doute pas parce qu’il cristallise à lui seul autour de son nom tout ce les gens refusent aujourd’hui, la négation de la protection de l’environnement, de la nature et de l’humain. Quant aux politiques, on les sent de plus en plus en retrait. Ségolène Royal a récemment déclaré qu’il était hors de question que Notre Dame des Landes tourne à l’affrontement et à la guerre civile. Très récemment, on a appris que Nicolas Hulot s’est vu proposer le poste de ministre de l’écologie, dans le cadre du remaniement ministériel à venir, offre qu’il a déclinée. Parmi les gages donnés par François Hollande, l’arrêt du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Un signe qui ne trompe pas. Avec la perspective d’élection présidentielle l’année prochaine, le dossier aéroport NDDL pourrait bien être enterré, quarante-cinq ans après les premières contestations.

Nicolas Hulot refuse d’entrer au gouvernement, lire l’article sur le site du Monde

suivez Acheter Bio sur Instagram !