Crise agricole, l’agriculture bio affiche sa bonne santé

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Ce matin, en buvant mon café (bio) au lait (pas bio), je parcours la presse et je tombe sur un article fort intéressant dans le quotidien Le Télégramme, qui nous fait le portrait d’Annie, agricultrice. Annie, qui a fait le choix de l’agriculture bio, il y a plus de vingt ans, est producteur de lait bio et son témoignage est des plus intéressants, en cette période de troubles graves et de crise agricole aigüe qui touche toute une profession et impacte douloureusement des régions entières, dont la Bretagne. Loin de moi l’idée de produire une analyse des causes de cette crise agricole, elles sont si nombreuses qu’il faudrait plus d’un article dans ce modeste blog pour les expliquer. En revanche, ce qu’on constate, c’est les résultats, les drames humains engendrés par cette crise agricole. L’agriculture bio est-elle la solution miracle ? Sans doute pas. En revanche, lorsqu’on lit les propos d’Annie, on ne peut aboutir qu’à ce simple constat. Oui, une autre voie de l’agriculture est possible, oui l’agriculture bio est porteuse d’espoir et d’avenir pour les jeunes générations qui veulent continuer à travailler la terre. « On est en bio, on s’en sort. » Tout est dit.

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Les vaches jersiaises produisent le lait bio de l’exploitation d’Annie.

Agriculture bio, une solution à la crise agricole ?

Annie a une exploitation relativement modeste. Une quarantaine de vaches laitières (jersiaises), 62 hectares qui permettent de produire le fourrage pour les vaches. Car sur l’exploitation d’Annie, le choix s’est porté sur le pâturage, qui permet à la fois d’obtenir une alimentation saine tout en contrôlant la qualité et en évitant, accessoirement, l’importation massive de soja, sans même évoquer le fait que ce soja est bien souvent génétiquement modifié, mais ça, c’est encore un autre détail. La ferme produit 150.000 litres de lait par an, du lait bio, une matière première de qualité, un lait payé 60% plus cher que le lait conventionnel. Un tiers de la production laitière est vendue en coopérative le reste est transformé en fromage, un bon camembert de qualité garanti au lait bio. Moins de vaches, une agriculture bio basée sur la raison, du pâturage qui permet une alimentation saine et contrôlée, une production et une transformation d’un produit de qualité en un autre produit de qualité. De quoi donner du travail à quatre personnes à la ferme.

On apprend au fil des lignes que Annie est adhérente à la Confédération Paysanne. Son discours est parfaitement censé et résonne de manière particulièrement juste en ces temps de crise agricole. « Dans la durée, plus je produis et plus je gagne, c’est faux. Ça reflète un manque de réflexion et d’esprit critique vis-à-vis d’un système qui arrive au bout du rouleau… » La clairvoyance d’Annie engagée dans l’agiculture bio est un vrai signe d’espoir. Car l’agirculture bio n’est pas seulement positive pour les femmes et les hommes qui ont fait ce choix. C’est aussi une protection de l’environnement, de la terre. Le refus d’un système basé sur l’intox, les OGM, les pesticides.

Roundup classé cancérogène. Et vous trouvez ça drôle ?

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Roundup. Trêve de plaisanterie.

Chaque fois que j’entends le terme Roundup, je pense à feu ma mère. Je pourrais penser à Monsanto, aux dégâts potentiellement provoqués par cet insecticide ? Non. Moi, quand on me dit « Roundup » je pense à ma mère qui était, en son temps, une fervente utilisatrice de ce produit pour désherber son jardin. Il n’y avait pas mieux que Roundup, disait-elle, pour éradiquer la vermine (comprendre les mauvaises herbes disgracieuses qui polluaient ses parterres de rosiers) que ce produit magique. Un p’tit bouchon de Roundup, un p’tit coup de Monsieur Plus et hop ! Le lendemain, les mauvaises herbes avaient disparu, comme par enchantement. Roundup nocif ? Dangereux ? Pensez donc ! Ma mère me ramenait sans cesse à l’image de la pub TV, de ce chien si sympathique qui enterrait son os là où Roundup avait éradiqué les mauvaises herbes. Pauvre bête ! L’histoire ne dit pas de quoi il est mort… Cette blague faisait beaucoup rire ma mère. Trêve de plaisanterie. Dans une étude publiée par la très sérieuse agence de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), on apprend que trois pesticides viennent d’être classés dans la catégorie cancérogènes probables. Probables c’est juste avant la classification cancérogène certain. Parmi les trois molécules se trouve le glyphosate. Ce nom ne vous dit sans doute rien. C’est le principal ingrédient utilisé par Monsanto dans le Roundup. Et là, on ne rit plus.

Chez Monsanto, je vous le dis sans ironie aucune, ils sont très fûtés. Ils mettent au point un désherbant radicalement efficace, à base de glyphosate et dans le même temps ils créent des cultures transgéniques capables de résister à cette molécule. Vous allez me dire que c’est un peu casse-gueule de jouer à l’apprenti sorcier ? Rendez-vous compte. Vous allez pouvoir planter une céréale transgénique et traiter massivement vos terres avec du glyphosate. Résultat, tout est éradiqué, sauf vos céréales. C’est très fort. Bon bien sûr, il y a quelques bémols. D’abord, les céréales résistantes au glyphosate, vous ne pouvez les acheter que chez Monsanto. Ensuite, il peut y avoir quelques dégâts collatéraux. La majorité des plantes génétiquement modifiées (PGM) est conçue pour être tolérante à ce pesticide. Ceci explique peut-être que le glyphosate est le pesticide le plus utilisé en France (8000 tonnes en 2011).

Il paraît que le glyphosate est responsable en France du « déclassement de la qualité des eaux ». C’est l’ANSES (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui le dit dans un rapport daté de 2010. Les risques accrus de cancer concernent les professionnels de l’agriculture qui utilisent massivement le glyphosate ainsi que, dans une moindre mesure les jardiniers du dimanche qui utilisent les désherbants à base de glyphosate, comme le RoundUp. Voilà une info qui n’aurait pas fait rire ma mère. En attendant, il existe aujourd’hui de très nombreuses alternatives bio pour les jardiniers en matière de traitement, alors pourquoi s’en priver ? Chez nous, dans notre jardin bio, nous avons banni depuis des lustres l’utilisation de produits polluants. Notre chien peut y enterrer ses os en toute sécurité, sans crainte de mourir d’un cancer.

Neil Young sonne la charge contre Monsanto

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Neil Young en premiere ligne dans la lutte contre Monsanto

Monsanto dans le collimateur des opposants aux OGM

On connaît l’engagement de Neil Young dans la cause humanitaire et écologique, depuis de nombreuses années. Le cultissime chanteur canadien, qui a formé avec ses potes David Crosby, Stephen Stills et Graham Nash le quatuor le plus fameux de la folk et pop song américaine, revient à la charge au mois de juin prochain avec un nouvel album au titre sans équivoque, The Monsanto Years. Quand on connaît la qualité d’écriture du songwriter, il nous tarde déjà de découvrir les pépites contenues dans ce nouvel opus. Pour Monsanto, en revanche, les affaires ne s’arrangent pas. Après le dossier Round up, qui a défrayé la chronique et fait les gros titres de la presse, la firme, en première ligne de l’industrie des OGM se retrouve à nouveau dans le collimateur des médias.

Neil Young n’en n’est pas à son premier coup d’essai. On se souvient que l’an passé déjà, l’auteur compositeur avait invité ses fans à boycotter la chaîne de cafés Starbucks, à cause notamment du soutien apporté par cette chaîne à Monsanto, les deux sociétés faisant partie du même organisme de loby industriel (Grocery Manufacturers Association). Neil Young s’était dit scandalisé par la pression imposée par les lobys pour s’opposer, par voie judiciaire, aux décisions des états comme le Vermont ou la Californie souhaitant notamment imposer l’étiquetage de produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Dans le Vermont, un état agricole, Neil Young sait qu’il peut compter sur le soutien de la population rurale, lui qui fut en d’autres temps un soutien actif aux fermiers américains, en participant activement au premier Farm Aid en 1985. La stratégie de Neil Young est habile. En touchant Starbucks, qui a une image publique et une clientèle jeune, il espère pouvoir faire plier Monsanto.

Faire plier Monsanto ? L’affaire est loin d’être gagnée, tant on connaît l’infinie puissance de ce groupe industriel aux États Unis et dans le monde entier. Et pourtant, depuis quelques années le groupe doit subir les attaques virulentes qui viennent de toutes parts. De la base d’abord, des gens comme vous et moi qui refusent l’intox aux OGM, mais aussi de plus en plus d’états et de gouvernements. On n’a pas fini de parler de Monsanto

• photo : Neil Young au festival des Vieilles Charrues en juillet 2013 (crédit photo : Hervé LE GALL)

en lire plus sur le sujet avec l’article du Figaro

Nanoparticules de dioxyde de titane. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

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Nanoparticules E171, soyez vigilant.

Sur la table basse du salon traine une boîte de bonbons dont le visuel évoque une confiserie populaire dans les films de la saga Harry Potter, mais on m’assure que les bonbons sont parfaitement insipides. Un cadeau ramené par une amie qui revenait d’un voyage aux États-Unis. Par curiosité, je tourne la boîte pour visualiser les ingrédients. La liste, écrite en tout petits caractères, ressemble plus à une ordonnance médicale qu’à une liste de composants. Il y a plein de E quelque chose, de trucs avec des noms compliqués mais parmi eux, il en est un qui retient particulièrement mon attention, même écrit en anglais : titanium dioxide. Le très controversé oxyde de titane, de ces nanoparticules aussi connues en Europe sous le code E171, mais aux États-Unis, pays où on en a vu d’autres, on continue de le désigner sous son nom. C’est ce produit que José Bové a dénoncé dans un coup de gueule dont il a le secret, sur l’antenne de BFMTV. Pour donner plus d’impact à sa présentation, José Bové a montré à l’antenne des paquets de confiseries. Il a raison José, sauf que E171 n’est pas présent que dans les confiseries et qu’en plus le problème n’est pas nouveau.

On trouve les nanoparticules de dioxyde de titane dans plein de choses, des confiseries où elles sont utilisées comme colorant blanc, mais aussi dans le dentifrice, les pâtisseries, les cosmétiques, les crèmes solaires, le fromage industriel, les médicaments, certaines peintures, le papier, les céramiques, j’en passe et des meilleures ! Est-ce que c’est dangereux, le dioxyde de titane ? Il y a près de dix ans que le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a classé ce produit comme possiblement cancérigène pour l’homme. Il subsiste donc un doute, mais dans le doute on s’abstient. Il y a plusieurs années on nous disait que le bisphénol A était possiblement dangereux, aujourd’hui le produit est interdit en France. D’ailleurs, en 2011, une étude franco-suisse concluait que les nanoparticules de dioxyde de titane pouvaient être cancérigènes par inhalation. Comme toujours il s’agit d’abord d’une affaire de dollars. Dans un article publié sur le blog du journal Le Monde, en décembre 2012, citant The Environmental Magazine on pouvait lire que « cette technologie en plein essor devrait rapporter 20 milliards d’euros d’ici à 2020 », évoquant la présence du dioxyde de titane « dans des dentifrices et de nombreux produits transformés, comme les Mentos, les chewing gums Trident et Dentyne, les M&Ms, la crème chantilly glacée de Betty Crocker… » On peut lire aussi ce commentaire assez désabusé de la journaliste affirmant : « Comme avec les OGM, la stratégie semble être : premièrement, les diffuser dans les produits alimentaires en masse ; et évaluer les risques ensuite (ou jamais). » Le ou jamais nous rappelle ici quelques mauvais souvenirs…

On peut au moins donner un coup de chapeau à José Bové, car même si le problème n’est pas nouveau, son intervention télévisuelle aura permis de (re)lancer l’alerte à propos des nanoparticules de dioxyde de titane. Désormais, comme pour les OGM, la pollution, le bisphénol A, … On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

lire l’article sur le blog du Monde

voir le site de Grist (en anglais)

 

Pesticides, OGM, cultures intensives. La nature aura toujours le dernier mot.

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OGM et pesticides sur Acheter Bio

OGM, ça va nous coûter un max.

Je me souviens de ma mère, dans son jardin, pestant contre les mauvaise herbes. « C’est pas possible, ça pousse comme du chiendent ! » me disait-elle en montrant le prolifération de ce qu’elle qualifiait de « mauvaise graine ». Quand elle était de mauvais poil, ce qui lui arrivait de temps en temps, comme tout le monde, elle me comparait à cette mauvaise graine qui envahissait le jardin. Mais qu’importe. Ma mère, dans sa grande sagesse, avait l’arme absolue, le produit miracle, Round up. Ça pour être efficace, ça l’était. Comme la lessive, une petite rasade suffisait pour anéantir les indésirables. À l’époque, on ne savait rien de ce produit, on pouvait seulement attester de sa terrifiante efficacité. Ma mère, pleine de bon sens, c’était déjà ça, évitait soigneusement que son chien n’aille mettre sa truffe sur les surfaces traitées. D’ailleurs, c’était écrit sur le flacon, en tout petit. Bien des années ont passé, ma mère n’est plus là mais le produit existe encore. Chaque fois que j’entends « Round up de Monsanto » je pense à elle, à ces années d’insouciance où on se foutait bien de polluer le jardin, même si déjà à l’époque, les concepts de pollution, de protection de l’environnement, du bio, du naturel, commençaient à prendre leur sens.

Depuis on a vu des reportages, lu pas mal d’articles. À chaque fois le nom de Monsanto revient comme un leitmotiv, car la firme assure toute une chaîne de produits, depuis les graines transgéniques jusqu’au traitement des sols avec ce fameux Round up. Eh oui, réfléchissez ! Si vous produisez du soja par exemple et que vous souhaitez éradiquer sur la surface de vos cultures tout ce qui n’est pas soja avec un désherbant, vous devez créer un soja transgénique capable de résister à votre désherbant. Bon, ça a l’air un peu pervers énoncé comme ça, mais c’est ça. Comme vous produisez sur toute la ligne, vous mettez vos produits en adéquation. Mieux encore, vous pouvez justifier votre soja OGM en arguant que grâce à lui on va utiliser quatre fois moins de désherbant. Et là vous me dites : « Mais euh… C’est le serpent qui se mord la queue ! » Certes, mais il faut savoir ce que vous voulez !

Bon, bien sûr, il y a bien quelques dégâts collatéraux. Si vous cultivez du soja de manière intensive, vous réduisez la possibilité pour les populations locales de continuer leurs productions indigènes. C’est un peu ce qui se passe en Argentine qui produisait il y a vingt ans des aliments pour dix fois sa population. Aujourd’hui 30% de la population est en état de malnutrition mais ça, si j’étais un peu cynique, je vous dirais volontiers que c’est un détail, à côté du désastre écologique. Un exemple ? L’utilisation massive du Round up a entraîné la prolifération massive de mauvaises herbes tolérantes au Round Up. C’est connu. La nature aura toujours le dernier mot. En attendant, en Argentine, ça craint. Pendant qu’on arrose les champs de Round up par avion, les conséquences sur les populations sont catastrophiques. Les médias en parlent, régulièrement. Arte TV a consacré plusieurs sujets et plus récemment un doc a été diffusé sur Canal Plus. Le temps passe, rien n’y fait. Le lobbying est puissant, il infiltre toutes les strats du pouvoir politique. L’actuel premier ministre, Manuel VALLS, dans son Abécédaire optimiste, en 2012, se déclarait favorable au développement des cultures OGM.

D’un côté des arguments. Développons les OGM, on utilisera moins de pesticides et on donnera à manger à tout le monde. De l’autre côté, les dégâts collatéraux, sur l’environnement et l’humain. Finalement, la vraie question à se poser c’est de savoir combien de temps il nous reste, à nous qui peuplons cette planète, jusqu’à ce qu’elle nous dise stop ? Le vrai danger, c’est que ce jour-là, le jour où l’homme va passer à la caisse pour payer toutes les saloperies qu’il a fait endurer à son environnement, je crains que la note ne soit sévèrement salée.

le visuel OGM vient du site web de Greenpeace