Pesticides, OGM, cultures intensives. La nature aura toujours le dernier mot.

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OGM et pesticides sur Acheter Bio

OGM, ça va nous coûter un max.

Je me souviens de ma mère, dans son jardin, pestant contre les mauvaise herbes. « C’est pas possible, ça pousse comme du chiendent ! » me disait-elle en montrant le prolifération de ce qu’elle qualifiait de « mauvaise graine ». Quand elle était de mauvais poil, ce qui lui arrivait de temps en temps, comme tout le monde, elle me comparait à cette mauvaise graine qui envahissait le jardin. Mais qu’importe. Ma mère, dans sa grande sagesse, avait l’arme absolue, le produit miracle, Round up. Ça pour être efficace, ça l’était. Comme la lessive, une petite rasade suffisait pour anéantir les indésirables. À l’époque, on ne savait rien de ce produit, on pouvait seulement attester de sa terrifiante efficacité. Ma mère, pleine de bon sens, c’était déjà ça, évitait soigneusement que son chien n’aille mettre sa truffe sur les surfaces traitées. D’ailleurs, c’était écrit sur le flacon, en tout petit. Bien des années ont passé, ma mère n’est plus là mais le produit existe encore. Chaque fois que j’entends « Round up de Monsanto » je pense à elle, à ces années d’insouciance où on se foutait bien de polluer le jardin, même si déjà à l’époque, les concepts de pollution, de protection de l’environnement, du bio, du naturel, commençaient à prendre leur sens.

Depuis on a vu des reportages, lu pas mal d’articles. À chaque fois le nom de Monsanto revient comme un leitmotiv, car la firme assure toute une chaîne de produits, depuis les graines transgéniques jusqu’au traitement des sols avec ce fameux Round up. Eh oui, réfléchissez ! Si vous produisez du soja par exemple et que vous souhaitez éradiquer sur la surface de vos cultures tout ce qui n’est pas soja avec un désherbant, vous devez créer un soja transgénique capable de résister à votre désherbant. Bon, ça a l’air un peu pervers énoncé comme ça, mais c’est ça. Comme vous produisez sur toute la ligne, vous mettez vos produits en adéquation. Mieux encore, vous pouvez justifier votre soja OGM en arguant que grâce à lui on va utiliser quatre fois moins de désherbant. Et là vous me dites : « Mais euh… C’est le serpent qui se mord la queue ! » Certes, mais il faut savoir ce que vous voulez !

Bon, bien sûr, il y a bien quelques dégâts collatéraux. Si vous cultivez du soja de manière intensive, vous réduisez la possibilité pour les populations locales de continuer leurs productions indigènes. C’est un peu ce qui se passe en Argentine qui produisait il y a vingt ans des aliments pour dix fois sa population. Aujourd’hui 30% de la population est en état de malnutrition mais ça, si j’étais un peu cynique, je vous dirais volontiers que c’est un détail, à côté du désastre écologique. Un exemple ? L’utilisation massive du Round up a entraîné la prolifération massive de mauvaises herbes tolérantes au Round Up. C’est connu. La nature aura toujours le dernier mot. En attendant, en Argentine, ça craint. Pendant qu’on arrose les champs de Round up par avion, les conséquences sur les populations sont catastrophiques. Les médias en parlent, régulièrement. Arte TV a consacré plusieurs sujets et plus récemment un doc a été diffusé sur Canal Plus. Le temps passe, rien n’y fait. Le lobbying est puissant, il infiltre toutes les strats du pouvoir politique. L’actuel premier ministre, Manuel VALLS, dans son Abécédaire optimiste, en 2012, se déclarait favorable au développement des cultures OGM.

D’un côté des arguments. Développons les OGM, on utilisera moins de pesticides et on donnera à manger à tout le monde. De l’autre côté, les dégâts collatéraux, sur l’environnement et l’humain. Finalement, la vraie question à se poser c’est de savoir combien de temps il nous reste, à nous qui peuplons cette planète, jusqu’à ce qu’elle nous dise stop ? Le vrai danger, c’est que ce jour-là, le jour où l’homme va passer à la caisse pour payer toutes les saloperies qu’il a fait endurer à son environnement, je crains que la note ne soit sévèrement salée.

le visuel OGM vient du site web de Greenpeace