Glyphosate. Docteur Folamour, assis sur un carton de Roundup.

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Glyphosate. Ici, à Acheter Bio, on connaît ce mot depuis des lustres, mais qu’en est-il vraiment chez Monsieur et Madame Toulemonde ? Pas grand chose à vrai dire. Alors un peu d’éclairage sur le glyphosate ne nous fera pas de mal, puisque les médias en parlent à qui mieux mieux depuis quelques jours. D’ailleurs, je ne voudrais pas être trop pessimiste, mais je veux bien parier que le soufflé va très vite retomber et que le glyphosate va rapidement retourner à l’anonymat douillet où ses fervents partisans voudraient qu’il reste, même si ce composé chimique représente un réel danger pour l’environnement. Éternel débat. Environnement versus dollars. Si vous bannissez le glyphosate, vous faites d’une pierre deux sales coups pour l’industrie, qui a fait de ce composé son arme de destruction massive, son pesticide exfoliant vedette. En vous attaquant à tout un pan de l’industrie, vous mettez en péril la rentabilité, le profit et les stock options. Vous handicapez du même coup tous les utilisateurs du produit qui ont trouvé dans le glyphosate le Saint Graal, l’arme absolue contre la vermine et les mauvaises herbes réunies. Ça va du lobby des grands céréaliers à la mamie qui éradique, grâce à cette substance magique, les mauvaises herbes de son jardin. Et tout ça pour quoi ? Pour une vague suspicion de pollution des sols, d’un produit quoi pourrait être un perturbateur endocrinien. Qui donnerait le cancer, dites-vous ?

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Glyphosate, les enjeux écologiques

• Où le glyphosate passe, la nature trépasse

Mais revenons à la question initiale, c’est quoi exactement le glyphosate ? Déjà, rien que le nom, ça donne pas envie. C’est sans doute pour cette raison que Monsanto, qui a longtemps produit le glyphosate en exclusivité, l’a rebaptisé Roundup qui est tout de suite beaucoup plus sexy. Le brevet du glyphosate est tombé dans le domaine public en 2000, Monsanto n’a donc plus l’exclusivité de diffusion de ce produit et rien que ça, c’est pas franchement une bonne nouvelle. Bref, pour répondre à votre question, le glyphosate est un herbicide total non sélectif. En clair, où le glyphosate passe, la nature trépasse. Enfin, en théorie, parce que certaines plantes ont développé une résistance naturelle au glyphosate, mais ça c’est une autre histoire. L’humain se croit depuis toujours plus malin que la nature, qui finira un jour ou l’autre par lui présenter l’addition. Ironie du sort, le producteur de référence du glyphosate (Monsanto) est également producteur de semences. Contradictoire, me direz-vous ? Pas du tout, au contraire. D’un cynisme particulièrement délicat.

• Monsanto, double bonus

Monsanto joue sur les deux tableaux. D’un côté il produit un herbicide total non sélectif, le Roundup. De l’autre, il élabore des semences de plantes qui vont s’avérer résistantes au glyphosate. C’est malin, non ? Sauf que, comme je le rappelais plus haut, la nature déteste qu’on lui force la main, alors elle contre-attaque et produit elle-aussi une résistance au glyphosate. C’est pas grave, ça donne une bonne raison à Monsanto de toujours faire évoluer ses produits et de maintenir la pression qu’elle exerce sur ses clients. Un jeu qui rappelle étrangement le film de Stanley Kubrick. Docteur Folamour chevauchant sa bombe atomique. De plus en plus d’autorités gouvernementales prennent conscience aujourd’hui du danger du glyphosate. La Colombie par exemple, où le glyphosate a longtemps été utilisé pour détruire les plants de coca, dans le cadre de la lutte contre les narco-trafiquants, vient d’ordonner la suspension des épandages de glyphosate, invoquant le principe de précaution. Et là vous me dites ? Une lutte contre le traffic de drogue massivement soutenu par les États-Unis, pays d’origine de Monsanto.

• La France dit non au glyphosate

La France tergiverse depuis lontemps sur le sujet et pour cause. On produit dans l’hexagone des cultures, comme les céréales, qui utilisent massivement le glyphosate, alors une interdiction du Roundup est perçue comme une véritable menace par les producteurs. C’est ce qui explique les récentes manifestations de céréaliers sur le sujet, une grogne qui est jugée comme scandaleuse par José Bové. Certes, en même temps, c’est bien pratique le glyphosate. Un épandage massif dix jours avant la récolte permet de griller les plants et d’accélérer le travail des moissonneuses-batteuses. Rentabilité, quand tu nous tiens. Aux États Unis on fonctionne comme ça. On tue les plantations et on récolte des plantes mortes.

Bon alors, on va où ? Dans le mur, probablement si on ne réagit pas. Le gouvernement français semble être partisan d’un abandon progressif du glyphosate, sur un délai de cinq ans. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, s’interroge tout en étant contraint par la solidarité gouvernementale. Sa déclaration en dit long sur son état d’esprit : « J’ai besoin, moi, d’être rassuré sur la sécurité alimentaire et sanitaire sur le long terme. Vous connaissez comme moi les phénomènes de bio-accumulation et les effets cocktails… » Début octobre, le renouvellement de la licence du glyphosate va être discuté en commission européenne. La France, qui est une voix prépondérante, a annoncé qu’elle voterait contre. Pour mémoire, c’était un engament de campagne du candidat Macron.

En face, il y a Monsanto et les lobbys puissants et actifs, les céréaliers, les syndicats agricoles (FNSEA) qui sont aussi en première ligne. Frédéric Arnoult, président des Jeunes Agriculteurs d’Ile-de-France a notamment déclaré, je cite : « Comment on peut vouloir vendre du rêve aux Français sur une alimentation saine, alors qu’on nous enlève nos moyens de production ? » Je ne sais pas, vous, mais je trouve le propos d’un cynisme définitif. Mettre dans la même phrase les mots rêve et alimentation saine pour qualifier le maintien de l’utilisation du glyphosate sur nos terres françaises, c’est proprement scandaleux. Vous noterez que mon analyse a omis un terme important. Vendre. C’est bien là, le nœud du problème. La rentabilité. CQFD.

lire aussi la tribune de José Bové sur Libération

• lire aussi sur le même sujet nos articles consacrés au glyphosate RoundUp classé cancérogène. Et vous trouvez ça drôle.

Pollution atmosphérique. Bientôt le point limite zéro ?

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1975. Il y a quarante deux ans. Dans son album BBH75, Jacques Higelin signe un titre, au texte évocateur d’un futur déglingué. Paris-New York. À coups de métaphores hétéroclites, l’artiste français crache son désespoir avec humour et cynisme. Il conclut la chanson par ces mots, prémonitoires. « Paris-New York. New York-Paris. Dans dix ans comme là-bas ici. Asphyxie. » Higelin avait vu juste, il s’était peut être simplement trompé de timing, mais aujourd’hui le futur lui donne raison. Paris étouffe sous les coups de la pollution atmosphérique et pas seulement Paris. D’autres métropoles françaises (Lyon, Grenoble) sont directement impactées. En Chine, Pékin atteint le point limite zéro. Qu’est-ce qu’on attend ?

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Pollution atmosphérique. Point limite zéro.

• Londres, le smog de 1952.

On attend peut-être une catastrophe humanitaire comme le Royaume Uni en a connu avec le grand smog de Londres en 1952. Cette pollution atmosphérique de très grande ampleur était liée à la vague de grand froid qui s’était abattue sur l’Angleterre, provoquant une sur-consommation de charbon. Un charbon de mauvaise qualité, à forte teneur en dioxyde de soufre, dans une fumée présente en masse dans l’air. En 1952, le gouvernement de sa majesté avait relayé le chiffre déjà épouvantable de 4000 morts. On sait aujourd’hui que le nombre de victimes avoisine plutôt les 12000 morts et plus 100000 personnes directement impactées par cette pollution. À la suite de cet accident majeur, les autorités britanniques promulguèrent des lois visant à réduire la pollution atmosphérique, notamment sur la ville de Londres. Plus de soixante ans plus tard, la problématique demeure la même. Les métropoles étouffent et leurs habitants avec.

• Vignette de circulation

Anne Hidalgo, maire de la ville de Paris, rue dans les brancards et impose manu militari, de manière autoritaire, un certain nombre de mesures. Circulation alternée, fermeture des voies sur berges, des mesures considérées par certains parisiens comme liberticides mais il y a urgence. Depuis des années Paris s’essouffle et avec elle ses millions d’habitants. Une des causes, c’est naturellement la circulation automobile, entre autres. Pour tenter de réduire cette pollution, la vignette Crit’air sera obligatoire pour circuler dans Paris (du lundi au vendredi de 8h à 20h) à partir du 16 janvier 2017. Sachant que les véhicules immatriculés avant 1997 sont désormais interdits de circulation en semaine à Paris. Tous les véhicules à moteur sont concernés, la vignette est payante (4,50€) et disponible sur le service officiel. La pastille de couleur détermine le niveau de pollution de votre véhicule. En cas de mesures de circulation adaptée, certains véhicules seront interdits de circulation, selon leur niveau de pollution.

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Les vignettes de circulation Crit’Air obligatoires à partir du 16 janvier 2017 pour les véhicules circulant à Paris.

• Polluez moins, circulez mieux.

On ne peut que saluer ces mesures visant à réduire la pollution atmosphérique. Chaque année, elle fait de nombreuses victimes, de manière très insidieuse. Elle touche en priorité les personnes fragiles, les seniors et les enfants en bas âge. Peut être faudrait-il prendre le problème à la source ? Nombre d’entreprises industrielles sont à l’origine de cette pollution, sur Paris et sa région. Il faudrait aussi songer à changer les mentalités, à encourager vraiment l’utilisation des transports en commun et à aménager la ville pour favoriser le développement de transports alternatifs propres. Plus de pistes cyclables et une sécurité accrue pour la circulation en vélo afin de réduire les accidents des deux roues. Désormais, il y a urgence.

Obsolescence programmée. Vous avez dit durable ?

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J’ai une télé, comme tout le monde. Honnêtement, de vous à moi, je la regarde très peu. Pas le temps, pas d’intérêt pour les programmes formatés qu’on nous sert, mais ça finalement, ça, c’est un autre débat. J’ai une télé, de marque Samsung, acheté il y a sept ans, écran plat 40 pouces autant dire un modèle tout ce qu’il y a de standard. Depuis quelques temps, cette télé avait du retard à l’allumage, elle faisait un petit clic-clic qui durait quelques secondes, devenues au fil du temps des minutes pour ne plus s’allumer du tout. Ma télé avait passé l’arme à gauche, je décidais donc d’en acheter une autre. Espérant trouver un modèle similaire, j’ai fait une recherche sur internet et là, à ma grande surprise, j’ai réalisé que je n’étais pas un cas isolé. De nombreux consommateurs étaient confrontés au même problème, sur des équipements identiques. On évoquait une panne courante touchant ce type de téléviseurs. Fallait-il y voir une obsolescence programmée par le constructeur Samsung ?

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L’obsolescence programmée est désormais un délit.

Des consommateurs apportaient leur témoignage. Première option, le service après-vente. Entre les frais de prise en charge, le transport, le retour, la réparation, changement de la carte mère, main d’œuvre, le prix du ticket est rédhibitoire ! Comptez entre 300 et 400€, voire plus. Réaction du consommateur moyen, c’est le prix d’une télé neuve. On passe donc directement à la seconde option, achat d’une télé neuve. Et la télé en panne ? Poubelle. Pas très économie durable tout ça. Comme ici on est un peu pugnace, on a cherché à en savoir plus. En clair trouver la panne. Et là, Google a vraiment été notre ami.

Un groupe de condensateurs est en charge de l’allumage de la télé. Un condensateur, c’est une petite pièce électronique soudée sur la carte mère, ça ressemble à un fusible. Quand le condensateur est mort, la télé ne s’allume plus. Avec l’aide de notre Mac Gyver de service, nous avons ouvert le panneau arrière de la télé, déposé la carte mère, repéré que quatre condensateurs étaient endommagés. Nous avons commandé des condensateurs sur internet, au prix de 1,38€ le pack de 10. Quelques points de soudure plus tard, quatre condensateurs changés, la carte mère fixée, le télé Samsung 40 pouces a redémarré sans problème.

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La carte-mère du téléviseur Samsung 40 pouces. En rouge, la zone où se situent les condensateurs défectueux (ceux qui sont légèrement bombés sont à remplacer). Coût de l’opération : 0,50€

Cinquante centimes d’euro. C’est le prix que nous a coûté la réparation. Quatre condensateurs qui interdisent à un télé de démarrer, il n’en faut pas plus pour déclarer une panne. Hormis ces composants électroniques, ce téléviseur fonctionne parfaitement, l’image est parfaite, sans aucun défaut. La tentation est grande d’imaginer que le constructeur, Samsung, est parfaitement au fait de ce type de panne, de là à évoquer une obsolescence programmée, il n’y a qu’un pas. Il se dit par ailleurs que les composants utilisés par Samsung sont de qualité moyenne, mieux encore, sur les nouveaux modèles les condensateurs sont directement intégrés à la carte mère, ce qui interdit de les changer.

On est arrivés aujourd’hui à un niveau de déchets électroniques à la limite de l’intolérable. Le recyclage de ces déchets coûte cher, il est polluant et par ailleurs souvent réalisé dans des pays du tiers monde, dans des ateliers à ciel ouvert, dans des conditions humaines et écologiques souvent déplorables. L’obsolescence programmée ne manque pas d’ironie, de cynisme ou d’indécence. Et avant ? Comment faisions-nous, avant ? Avant, on réparait. On avait le bon sens commun de savoir remplacer une pièce pour redonner vie à une télé qu’on gardait vingt ans. L’obsolescence programmée est un véritable scandale et c’est aussi un délit, à une époque où le mot économie durable doit devenir une réalité. Car il en va de la survie de notre planète. On espère, à notre tour, que l’humanité ne soit pas, elle aussi un jour, touchée par une obsolescence programmée.

Aéroport Notre Dame des Landes, suite du feuilleton.

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Il y a des jours où certains articles du Monde me donnent le sourire et je ne dis pas ça pour le scandale de Panama papers qui aurait plutôt tendance à me faire l’effet inverse. En même temps, personne ne s’étonnera que le un pour cent de la population mondiale, qui détient l’essentiel des richesses de la planète, souhaite le planquer dans des paradis fiscaux. Mais revenons à nos moutons. Aujourd’hui, j’ai lu sur le site du Monde un article qui m’a vraiment fait marrer et je ne résiste pas au plaisir de partager cela avec vous, mes chers lecteurs. Le titre, à lui seul, est vraiment évocateur, je cite. Notre Dame des Landes : le projet d’aéroport est « surdimensionné » selon les experts. Et là je me marre. Parce que je vois la marionnette de Richard Virenque aux Guignols de l’info, dopé à l’insu de son plein gré qui s’indigne. On m’aurait menti ? On nous avait pourtant dit et expliqué, chiffres à l’appui à quel point cet aéroport Notre Dame des Landes était indispensable au développement d’une région, que de toutes façons l’actuel aéroport de Nantes était en voie d’asphyxie et qu’on n’avait pas le choix. Après tout on n’était pas à quelques expropriations près et la destruction du bocage et des zones naturelles, c’était un mal nécessaire. Jusqu’ici tout allait bien, donc, mais la machine a commencé à se gripper…
aéroport notre dame des landes suite du feuilleton

Aéroport Notre Dame des Landes. Surdimensionné selon les experts !

Les experts qui ont rendu leur rapport, rendu public aujourd’hui même, ne sont pas des rigolos. Il s’agit d’inspecteurs généraux des ponts, des eaux et des forêts qui ont enquêté à la demande de Ségolène Royale, ministre de l’environnement, qu’on sait particulièrement prudente, voire réservée sur le sujet sensible de l’aéroport Notre Dame des Landes. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les experts n’y vont pas par quatre chemins ! Ils proposent deux solutions. La première consiste à conserver l’aéroport actuel et à l’aménager en l’agrandissant, ce qui permettrait d’accompagner la croissance du traffic aérien. La seconde concerne l’aéroport Notre Dame des Landes qui apparaît aux yeux des experts comme surdimensionné. Il conviendrait, selon eux, de réduire la toile, de redéfinir les besoins en matière de piste, notamment en construisant une seule piste au lieu de deux. Une réduction de surface aurait naturellement un impact environnemental positif, même si on peut légitimement se demander pourquoi on a besoin de construire un nouvel aéroport alors qu’on pourrait parfaitement aménager l’existant ?

Le feuilleton aéroport Notre Dame des Landes ne finit pas de s’éterniser. La pression médiatique, le refus de voir le massacre d’une partie du bocage, l’anéantissement de zones naturelles, sans compter l’impact humain désastreux, les politiques qui lâchent progressivement ce projet pharaonique, .. Il y a fort à parier que le projet d’aéroport Notre Dame des Landes finira par tomber aux oubliettes. C’est la conclusion qu’on espère tous, finalement, à ce feuilleton qui dure depuis plus de cinquante ans…

Herbicide RoundUp. C’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

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Je parle un peu anglais, mais je ne suis pas fluent, comme on dit. Je ne saisis pas toutes les subtilités de la langue de Shakespeare, surtout celle qui fut exportée en d’autres temps outre-atlantique. Je ne me suis jamais posé la question de comprendre la signification du mot round up pour une raison assez simple. J’ai tellement associé ce nom à une marque d’herbicide hautement nocif pour l’environnement que sa simple évocation me fout des frissons. Alors c’est vrai, je le confesse, je n’ai jamais cherché à traduire l’expression round up en français dans le texte, jusqu’à hier matin. Au petit déjeuner, on parlait de cet herbicide, avec force exemple de consommateurs à l’appui, sur l’antenne de France Inter. Et là, on s’est regardés, interloqués avec la même question, au même moment. Au fait, ça veut dire quoi en français round up ?

dernier round pour le roundup herbicide

L’herbicide Roundup en sursis.

D’abord, avant de vous donner la réponse, petit constat. Tout le monde a évalué la dangerosité de cet herbicide pour l’environnement, tout le monde jusqu’au ministère de l’environnement. Ségolène Royale s’était engagée, le roundup serait viré manu-militari des rayons de nos jardineries et ça n’allait pas traîner. On avait même fixé une dead line. Il n’y aurait plus de RoundUp dans les rayons des jardineries françaises au 1er janvier 2016, promis juré. Oui, mais c’était sans compter sur nos parlementaires… Force est de constater qu’on est en mars, que le printemps a passé et qu’on trouve encore du round up dans les rayons de nombreuses jardineries. En atteste le responsable de rayon au micro de France Inter disant benoîtement « Tant qu’on en a, on en vend ! » Pour la conscience environnementale, il y a encore du boulot. Mieux encore, sur le site de la marque, il suffit de taper son code postal pour en trouver du round up et on en trouve partout. Alors elle vient quand cette foutue interdiction d’un herbicide impliquant un composé, le glyphosate, que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) a classé parmi les « cancérogènes probables ou possibles » ? C’est pour 2019 nous assure-t-on aujourd’hui. Enfin, ça c’est pour le RoundUp à usage familial. Pour ce qui est de sa version industrielle, celle utilisée massivement par les agriculteurs, il n’y a aucune date officielle. Alors l’interdiction du round up en jardinerie pour la clientèle des particuliers, comme aurait dit ma grand-mère, c’est une cautère sur une jambe de bois.

Et là vous me dites, mais finalement ça veut dire quoi round up ? Avant cela, je ne résiste pas à évoquer le témoignage de cette dame sur France Inter, utilisatrice du produit. En gros, le discours sur ce désherbant dont la toxicité environnementale n’est plus à prouver, est assez effarant. Oui, bien sûr, on sait que le produit est dangereux pour l’environnement, oui ça pourrit la terre, mais on en met peu vous savez et puis c’est tellement efficace pour détruire les mauvaises herbes qui fleurissent chaque année dans l’allée de gravier. On ne se pose pas de question, on ne cherche pas d’alternative, par exemple en utilisant un désherbant bio qui ne coûte pas plus cher et qui est largement aussi efficace, non. On se demande comment on faisait avant que RoundUp n’existe ? Rassembler. C’est la traduction de l’expression round up et ce n’est pas anodin. Le RoundUp n’est qu’un maillon de la chaîne produite par Monsanto, son fabriquant qui produit des graines qualifiées de roundup ready, en clair des semences qui sont étudiées pour être traitées et résister à ce désherbant. Le comble du cynisme, non ? Round up and destroy pourrait être le slogan de rassemblement du RoundUp, herbicide le plus vendu au monde depuis 1990. Mais la nature a un côté rebelle. Ironie du sort, depuis l’utilisation massive du Round Up on a constaté l’apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate. La seule solution passe par le respect de l’environnement et il serait temps de l’admettre. L’homme et ses recettes d’apprenti-sorcier ne font pas le poids devant mère nature…

voir la vidéo de France 2 sur le site de France TV Info