Obsolescence programmée. Vous avez dit durable ?

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J’ai une télé, comme tout le monde. Honnêtement, de vous à moi, je la regarde très peu. Pas le temps, pas d’intérêt pour les programmes formatés qu’on nous sert, mais ça finalement, ça, c’est un autre débat. J’ai une télé, de marque Samsung, acheté il y a sept ans, écran plat 40 pouces autant dire un modèle tout ce qu’il y a de standard. Depuis quelques temps, cette télé avait du retard à l’allumage, elle faisait un petit clic-clic qui durait quelques secondes, devenues au fil du temps des minutes pour ne plus s’allumer du tout. Ma télé avait passé l’arme à gauche, je décidais donc d’en acheter une autre. Espérant trouver un modèle similaire, j’ai fait une recherche sur internet et là, à ma grande surprise, j’ai réalisé que je n’étais pas un cas isolé. De nombreux consommateurs étaient confrontés au même problème, sur des équipements identiques. On évoquait une panne courante touchant ce type de téléviseurs. Fallait-il y voir une obsolescence programmée par le constructeur Samsung ?

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L’obsolescence programmée est désormais un délit.

Des consommateurs apportaient leur témoignage. Première option, le service après-vente. Entre les frais de prise en charge, le transport, le retour, la réparation, changement de la carte mère, main d’œuvre, le prix du ticket est rédhibitoire ! Comptez entre 300 et 400€, voire plus. Réaction du consommateur moyen, c’est le prix d’une télé neuve. On passe donc directement à la seconde option, achat d’une télé neuve. Et la télé en panne ? Poubelle. Pas très économie durable tout ça. Comme ici on est un peu pugnace, on a cherché à en savoir plus. En clair trouver la panne. Et là, Google a vraiment été notre ami.

Un groupe de condensateurs est en charge de l’allumage de la télé. Un condensateur, c’est une petite pièce électronique soudée sur la carte mère, ça ressemble à un fusible. Quand le condensateur est mort, la télé ne s’allume plus. Avec l’aide de notre Mac Gyver de service, nous avons ouvert le panneau arrière de la télé, déposé la carte mère, repéré que quatre condensateurs étaient endommagés. Nous avons commandé des condensateurs sur internet, au prix de 1,38€ le pack de 10. Quelques points de soudure plus tard, quatre condensateurs changés, la carte mère fixée, le télé Samsung 40 pouces a redémarré sans problème.

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La carte-mère du téléviseur Samsung 40 pouces. En rouge, la zone où se situent les condensateurs défectueux (ceux qui sont légèrement bombés sont à remplacer). Coût de l’opération : 0,50€

Cinquante centimes d’euro. C’est le prix que nous a coûté la réparation. Quatre condensateurs qui interdisent à un télé de démarrer, il n’en faut pas plus pour déclarer une panne. Hormis ces composants électroniques, ce téléviseur fonctionne parfaitement, l’image est parfaite, sans aucun défaut. La tentation est grande d’imaginer que le constructeur, Samsung, est parfaitement au fait de ce type de panne, de là à évoquer une obsolescence programmée, il n’y a qu’un pas. Il se dit par ailleurs que les composants utilisés par Samsung sont de qualité moyenne, mieux encore, sur les nouveaux modèles les condensateurs sont directement intégrés à la carte mère, ce qui interdit de les changer.

On est arrivés aujourd’hui à un niveau de déchets électroniques à la limite de l’intolérable. Le recyclage de ces déchets coûte cher, il est polluant et par ailleurs souvent réalisé dans des pays du tiers monde, dans des ateliers à ciel ouvert, dans des conditions humaines et écologiques souvent déplorables. L’obsolescence programmée ne manque pas d’ironie, de cynisme ou d’indécence. Et avant ? Comment faisions-nous, avant ? Avant, on réparait. On avait le bon sens commun de savoir remplacer une pièce pour redonner vie à une télé qu’on gardait vingt ans. L’obsolescence programmée est un véritable scandale et c’est aussi un délit, à une époque où le mot économie durable doit devenir une réalité. Car il en va de la survie de notre planète. On espère, à notre tour, que l’humanité ne soit pas, elle aussi un jour, touchée par une obsolescence programmée.